La chapelle Saint-Yves-de-Bénin et sa fontaine

La chapelle

Construite en pisé, la chapelle Saint-Yves-de-Bénin à Plumaugat adopte un plan rectangulaire à nef unique et flanquée d’une chapelle privative formant bras de transept au nord.

 

L’édifice actuel est une reconstruction de 1609, date portée sur le linteau de la fenêtre qui éclaire la chapelle privative à l’est, et est due à la volonté des habitants du village de Bénin qui la restaurèrent encore au XVIIIe et XIXe comme l’indiquent les ouvertures de la façade méridionale. Lédifice dépendait de la Nouée et fut vendu en septembre 1791. 

 

Au sud de la chapelle, une croix monumentale figurant un Christ crucifié semble être le seul élément antérieur au XVIIe siècle. La basse du fût octogonal présente des armoiries trop illisibles pour être identifiées. Deux versions sont données quant à son origine : elle aurait été construite contre la peste, ou grâce au don d’une famille ne pouvant pas avoir d’enfants.

La chapelle Saint-Yves

En 1182, les Templiers se voient confirmer, par Conan IV, une aumônerie à Ploemagada. Cet établissement était encore visible en 1708 contre les bords de la Rance. Il dépendait alors de la commanderie hospitalière de La Guerche et La Nouée et consistait en un moulin du Temple, situé sur le rivage de la Rance, affermé 280 livres avec son petit étang.

 

A l'endroit comparut, maître Mathurin Couëlla, procureur fiscal de la juridiction de l'Hôpital en Plumaugat. Lanrelas et Eréac, dépendant de ladite commanderie de la Nouée, lequel déclara avoir une petite auditoire proche la chapelle Saint-Yves de Benain, audit Plumaugat, où se tient régulièrement l'audience de ladite juridiction qui a droit de moyenne et basse justice.

 

Concernant cette chapelle Saint-Yves, ce procès-verbal de visite précise que le commandeur n’est tenu à aucune charge pour l'entretien d'icelle, les habitants l'ayant fondée et l'entretenant, et que ladite chapelle Saint-Yves est servie festes et dimanches, par un prestre de sur les lieux, payé par les habitants.

 

Dans le mémoire de l’Estendue de La Commanderie du temple de La Guerche et Lannouée, à la fin du XVIIe siècle, au membre de l’hospital en Plumaugat distant de la guerche de dix huit lieus, il y a fief et juridiction s’estendant aux paroisses de plumaugat Laurelas et Esreac.

A l’intérieur :

  • L’autel possède un très beau retable du 17è siècle qui proviendrait de l’ancienne église paroissiale.

  • Les statues de la Sainte Vierge, de Saint Joseph, de Sainte Emerance et de Sainte Appoline font également partie de son histoire.

  • Le fronton abrite la Vierge et l’Enfant, et deux petits anges se tiennent suspendus de chaque côté.

Les croyances liées à Bénin

Encore vivace au moins au début du XXème siècle, la coutume amenait les parents de bébés atteints du « mal de Saint Aragon », l’eczéma dirions-nous sans doute aujourd’hui, à se tourner vers la chapelle Saint-Yves-de-Benin. Ils se présentaient avec leur enfant dans le sanctuaire, lui ôtaient son petit bonnet de toile ou de laine, porté par tous les petits à l’époque. Ils déposaient ce bonnet dans la chapelle, puis empruntaient alors un de ceux laissés précédemment par d’autres parents ou bien, plus sagement, laissaient tête nue leur enfant. Quelques prières confiantes apportaient le plus souvent la guérison au bébé. 

 

A la fontaine Saint-Yves toute proche, ce sont les enfants atteints du « mal de Sainte Blanche » qu’on ondoyait jusqu’à un passé pas si lointain. L’eau de la fontaine faisait en effet, disait-on, disparaitre les croûtes de lait…

Source : F. Duine dans Revue des traditions populaires, 1904 - Tome de janvier (Bibliothèque Nationale en ligne Gallica).

La fontaine Saint-Yves

Selon la légende, Saint-Yves serait venu à cheval de Tréguier au village d’Iffetz où se trouvait alors un monastère. Il aurait abreuvé sa monture à cette source. En souvenir de son passage, une construction en granit aurait été érigée

 

Deux niches abritent les statues de Saint-Yves et de la Vierge Marie. La statue en béton représentant Saint-Yves date des années 60, elle est venue remplacer celle en bois, trop vermoulue. La croix qui surmontait l’édifice, également en bois, a été remplacée par une croix de granit, venant du muret de la chapelle dont on peut voir les restes côté Sud.

 

Autrefois, les paroissiens venaient en procession à cette fontaine pour y réclamer la pluie lors des périodes de sécheresse. 

 

Plus prosaïquement, les habitants venaient à cette fontaine pour y chercher l’eau nécessaire aux besoins domestiques.

La fontaine Saint-Yves
La Saint-Yves vierge