L'histoire de la paroisse

 

Notre Dame de Boulogne à Plumaugat le 25 février1945

Vous connaissez l’histoire de Notre Dame de Boulogne ou Notre Dame de Grand Retour ? Faites-vous connaître à la page "Contacts" ou grâce au QR Code.

De mars 1943 à Juillet 1948, 4 exemplaires identiques de cette statue parcouraient les routes de France traversant villes et villages.

 

Ce ne sont pas moins de 16 000 paroisses qui ont vu l’une de ces statues parcourir leurs rues. Partout sur son passage elle soulève un mouvement extraordinaire de prière et de conversion. Les fidèles la suivent, parfois pieds nus, implorant souvent le retour d’un des leurs parti faire la guerre.

 

Cette statue est bien passée à Plumaugat. Grâce à une bienfaitrice, nous avons retrouvé des traces de son passage (cf. les photos).

L'abbé Pavy retrace dans 3 numéros du bulletin paroissial de 1945 le passage de Notre Dame de Grand Retour.

Les préparatifs

L'histoire

Le compte-rendu enthousiaste

 

Les rogations - Depuis le Vème siècle

Qui se souvient encore de ces processions ?  Si vous avez participé à l’une d’entre elles dans le village, venez nous en parler et si vous possédez des photos de ces processions à travers la campagne, nous serions ravis de pouvoir les présenter sur le site. Utilisez la page " Contacts"  ou utilisez le QR Code ci-dessus).

Savez-vous où se trouvent les croix des Rogations sur la commune ? En voici une, à vous de la situer…

Les Rogations : prière de supplication (« rogare » en latin signifie « demander »)

 

Un peu d’histoire sur les origines…

Les processions des Rogations datent du Vème siècle. Elles ont été instituées en l’an 469 par Saint-Mamert, évêque de Vienne en Dauphiné.

Dans l’église, un incendie éclate et sans plus attendre la foule s’empresse de prendre la fuite. Resté seul à l’autel, le brave Mamert offre ses prières et ses larmes à Dieu afin de conjurer le nouveau malheur qui s’abat sur son peuple et qui risque de les conduire au désespoir. Nouveau malheur, en effet, car cette région est durement frappée par des événements souvent bien étranges : le sol y tremble fréquemment, des feux sont allumés de jour comme de nuit par des mains mystérieuses, dévastant villes et forêts, sans compter sur des bêtes féroces qui parcouraient les villages et les villes. Réalité ou légende, les écrits ou représentations des historiens de l’époque ne permettent pas de donner une explication à vous de vous faire votre propre idée.

 

Suite à l’incendie de son église, Mamert, le saint évêque, fait alors le vœu d’organiser une série de processions et de jeûnes avec les habitants de sa ville. Lors des processions, les paroissiens devaient se rendre d’une église à l’autre en chantant des litanies.

Mais ensuite, pourquoi cette tradition a perduré ? 

Ces processions ont tendance à disparaître, même si elles existent encore parfois dans certaines régions de France et d’Europe, elles sont une prière pour écarter les calamités (sécheresse par exemple) et attirer la bénédiction de Dieu sur les récoltes.

 

Les Rogations, telles qu’elles ont existées à Plumaugat

Les rogations se tenaient traditionnellement durant les trois jours qui précédaient l’Ascension, elles ont perduré jusqu’à la fin des années 1960. Au cours de processions à travers la campagne et de bon matin, il s’agissait d’appeler l’aide de Dieu pour les récoltes à venir, par des prières, des chants et l’invocation des saints.

Les missions

Après les Rogations, voici un autre rituel disparu : les Missions. Mais de quoi s’agit-il ? 

L’origine des ces « Missions » prend naissance après la tourmente révolutionnaire qui a empêché le clergé de faire son œuvre.

 

Il est alors temps pour l’Eglise de restaurer la pratique religieuse. Son idée est d’envoyer des prêtres « missionnaires », non pas dans de lointaines contrées comme nous pourrions le penser, mais à travers la France. Ces prêtres vont de paroisse en paroisse où ils sont les hôtes de nos curés et résident quelques temps dans chaque village pour accomplir leur mission : « ramener les brebis égarées ». Chacun devait alors se remettre en cause afin de repartir d’un bon pied dans la vie chrétienne.

La « Mission » se terminait par une messe et une procession grandiose vers une nouvelle croix. Tout le trajet était orné de guirlandes de fleurs et de branchages.

A Plumaugat, nous savons que des missions ont eu lieu en 1921, 1931 et en 1951, il se pourrait qu’il y en ait eu d’autres, nous avons récupéré une photo au dos de laquelle est notée la mention « mission de 1936 ».

La mission de 1931 eut lieu fin mai et était menée par 3 religieux maristes de la résidence de Saint-Brieuc.

 

Pour la mission de 1951, la croix est toujours visible à la Maladrie. Cette mission avait été menée par 3 prêtres « missionnaires » de Notre Dame de Bonne Nouvelle de Rennes.

 

Récit de la mission 1921 ->

 

Flèches de 1951 relatant les préparatifs et les récits de ces journées mémorables ->

 

 

 

Ci-dessous, quelques photos-souvenir de la mission de 1951, dont celles représentant la maquette de l’église. Cette maquette a été construite par M. Francis Hazard,  couvreur. Elle est toujours visible au moment de Noël et nous ne désespérons pas pouvoir l’exposer en permanence dans l’église, un peu de patience…

1950

1951

Vous trouverez d'autres photos ici de 1931 et 1951->

 
 

Les biens de l'église de Plumaugat
 

Plumaugat dépendait, autrefois, de l'archidiaconé (subdivision d'un diocèse placée sous l'autorité d'un vicaire épiscopal) de Dinan et du doyenné de Plumaudan.
 

Le tiers des dîmes (impôts principalement prélevés sur les récoltes), dimereaux et traits (terres louées ou pouvant être vendues) de la paroisse appartenait au recteur, les laïcs se partageant le reste.
 

A noter que toutes les sommes indiquées ci-dessous sont données en monnaie de l'époque, la livre, qui serait estimée de nos jours, selon certains calculs, à 1,30 euro environ. Mais afin de mieux se représenter les choses avant de se plonger dans le détail des chiffres, quelques éléments de comparaison : en 1790, en moyenne, un ouvrier gagne 100 livres par an pour 200 jours de travail ; un curé, un typographe 300 livres, un contremaître jusqu'à 600. En revanche, le précepteur d'une famille princière peut espérer 2 000 livres l'an, un grand médecin établi à Paris grimpe à 8 000 livres, un évêque vogue dans les hautes sphères célestes : entre 40 000 et 100 000 livres, pour peu qu'il touche des revenus d'abbayes.
 

Les grands seigneurs, enfin, trônent en haut de la pyramide avec des revenus dépassant les 400 000 livres, 90% de cette somme étant dévolus à des dépenses de prestige, tandis que manœuvres et journaliers consacrent 50% de leurs maigres revenus à l'achat de céréales nécessaires à leur subsistance.

La suite dans le document ici -> 

Le fabuleux (!) butin de l'église de Plumaugat.

 

La saisie et la mise en vente des biens de l’Église par les révolutionnaires de 1789 se déroula sur tout le territoire. Il s'agissait aussi de faire disparaître partout les symboles religieux et tenter de remplir les caisses désespérément vides de l'État.

 

Voici, avec l'orthographe conservée de l'époque, ce qu'en décrit Charles Duval, maire de Plumaugat :

« Le 17 mai 1794, aux deux heures de l'après-midi, set arrivée en cette commune de Plumaugat le premier bataillon de grenadiers de Rône-et-Loire. Lequel, en vertu des ordres dont il est porteur, nous arraporté par l'organe du citoyn Astier, son commandant, qu'il s'est transporté en notre commune pour y fouiller pour perquérir à la suite des brigands, que passant en ce bourg, le corps de troupe s'est porté à notre église pour, suivant la loi, y faire tomber les mausolées, croix et autres objets qui peuvent entretenir le fanatisme.

Et nous a, le dit citoyen Astier, requis de nous transporter avec lui en cette ditte église, pour rapporter état et procès-verbal des effets qui peuvent être utiles à la République, ce que nous avons fait comme suit ».

 

Ont donc été saisis par ces valeureux grenadiers :

« deux rideaux rouge de serge, un petit rideau de toile, un chasuble de soie, un rideau d'indienne brune, un autre rideau d'indienne brune, un devant d'hotelle en soye, un rideau d'indienne rouge, un autre rideau d'indienne brune, autre rideau verd, un morceau d'indienne jaune, cinq pièces de toile en morceaux, quatre nappes d'autelle, trente trois pièces tant en linge que draps et indienne, un rideau verd, deux draps mortuaires, une croix cassée qui fut autrefois argentée, onze chandeliers de cuivre, deux autres idem, deux croix dont l'une en cuivre et l'autre en plomb, une lampe de cuivre, deux petites cloches cassées, deux grands chandeliers de cuivre, un bénitier portatif du même métail ».

 

Et Duval poursuit :

« Et ce sont tous les effets que le dit citoyen Astier, commandant, nous a fait représenter et dont nous, soussignés, Maire et officiers municipal, nous sommes chargés pour en faire l'usage prescrit par les lois les dits jours, mois et an que devant. »

 

Cette lettre est signée : Charles Duval, maire, Le binard, greffier de Paix et- Ollivier Rondel, officier municipal.

 

Le 29 avril 1793 déjà, la commune de Plumaugat avait du céder une lampe d'argent pesant sept livres et demie, une croix d'argent pesant cinq livre 14 onces, un encensoir d'argent, sa navette et sa cuillère pesant deux livres et demie.

 

Le 21 mai 1794, on enleva, à la chapelle de l'Epoinay, pour les porter à Broons, une cloche, une clochette et deux chandeliers de cuivre ; à celle de l'Osier, deux chandeliers d'attache, en cuivre : à celle de Bonne Rencontre, une cloche, enfin à celle de Benin, une cloche et deux chandeliers. 

Caricature exposée au musée Carnavalet sur le dégraissage du clergé par les dégraisseurs patriotes

Bénitier portatif en cuivre exposé à l'église de Saint-Leu