Les histoires racontées par la population

 

Le fonctionnement du four de Plumaugat raconté par Bobby

Ce type de four à pain était particulièrement gourmand en bois. Il fallait plusieurs fagots pour l'allumer puis une dizaine pour chauffer la 1ère fournée de pain. Il fallait ensuite remettre 7 ou 8 fagots pour chacune des 3 fournées quotidiennes : 2 le matin et 1 l'après-midi en général. Mais pour la toute 1ère mise en température, il était nécessaire de le faire chauffer plusieurs fois la semaine précédant la 1ère fournée. Il restait alors chaud pendant 7 jours.

A l'origine des fagots étaient échangés par les agriculteurs contre des tickets de pain.

Le four cuisait environ 100 pains par fournée à une température comprise entre 250 et 300°. Il fallait 2 à 3 heures de cuisson selon la taille du pain. Le four restait chaud 5 à 6 heures pour fonctionner en rechargeant le bois et mettait plusieurs jours pour refroidir complètement. En fait, le four restait en température toute l'année.

La température du four devait être contrôlée. La méthode consistait à enrouler une feuille de journal autour d'un caillou, posé sur la pelle enfournée 3 à 4 secondes au fond du four puis retirée lentement. Si le papier brûlait, le four était trop chaud, s'il noircissait, le pain aurait fait de même sans vraiment cuire à l'intérieur. Si le papier brunissait, le four était à la bonne température et le pain sortait de la couleur du papier. Les boulangers pouvaient également utiliser de la farine. Si elle brûlait, le four était trop chaud. Des épis de blé étaient utilisés pour les petits fours de campagne.

Le pain était mis dans le four après que les braises aient été retirées par le boulanger. Elles se seraient incrustées dans le pain et l'auraient rendu impropre à la consommation. Ce nettoyage était réalisé avec une « patouille » ou écouvillon ou vadrouille : un grand manche en bois avec une chaîne à l'extrémité reliée à un sac en toile de jute mouillée. Le boulanger faisait tourner la patouille dans le four et la toile de jute nettoyait le fond et enlevait les braises sur la paroi. Cela permettait également de refroidir le four s'il était trop chaud. Les braises ainsi sorties étaient alors mises dans un étouffoir. Une fois refroidies, elles étaient étalées comme engrais dans les jardins.

Quand toute la braise était enlevée, les pains étaient mis à plat dans le four, les gros derrière et les petits devant. Quand ceux de derrière étaient presque cuits, on les ramenait devant pour qu'ils ne brûlent pas.

Des braises étaient déposées à l'entrée du four pour éviter les déperditions de chaleurs et les ouvertures intempestives du four.

Le 21 juillet 2022, le four a été rallumé avec succès pour la 1ère fois depuis 1968.
Il a fallu 3 gros fagots pour l'allumer. Les photos suivantes témoignent de ce moment mémorable.

Bobby a un peu perdu la main

Mais, en professionnel, il réussit la mise en chauffe

La foule se presse pour voir l'évènement, le maire de Plumaugat au 1er plan

Le four bien gardé

Fier de son œuvre, Bobby est prêt à la défendre

Le site https://www.heubecourt-haricourt.fr/wp-content/uploads/2020/12/2003-Le-four-a-pain-JMONdez.pdf présente des informations complémentaires intéressantes.